Il y a quelque chose de pourri au Royaume de la Fantasy

La fantasy est probablement l’un des genres les plus clivants de la pop-culture. Certains y voient une promesse de voyages fantastiques, de mondes extraordinaires et d’aventures, d’autres observent de loin, avec méfiance, l’arrivage massif d’œuvres toujours plus nombreuses et de qualité très hétérogène. Car s’il est clivant, le genre est pourtant en explosion constante depuis plusieurs dizaines d’années: livres, films, bandes dessinées, jeux-vidéos, musique, jeux de rôle, produits dérivés… la fantasy n’épargne aucun support, et l’augmentation de l’offre entraîne une extension très large de son influence, en particulier grâce à internet.

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours apprécié la fantasy, et je garde un regard bienveillant envers le genre dans sa globalité. La plupart de mes séries littéraires favorites sont des séries de fantasy, et il en va de même pour tout le reste. Toutefois, il me semble important de garder un regard critique vis à vis des œuvres auxquelles je suis confronté, et encore plus vis à vis de celles qui réussissent à me toucher d’une quelconque manière. Et si la fantasy compte à mes yeux bon nombre de perles inestimables, je ne peux pas ignorer la présence d’éléments extrêmement préoccupants, tant dans sa production que dans les thèmes qu’elle aborde.

Le déclic survint lors du visionnage d’une review de la YouTubeuse américaine Nostalgia Chick, dans sa vidéo traitant le cas de la Communauté de l’Anneau, de Peter Jackson. Elle y aborde le sujet de la fantasy en général, ce qui lui déplait dans le genre, et en particulier en quoi elle lui préfère la science-fiction:

« I’ve always found a bit odd that fantasy and science-fiction are lumped together in the bookstore, frustrating even as I woudn’t consider myself much a fantasy fan. The two genres have a touch of an ideological split (…) the basic gist is that fantasy is more history oriented and backwards-looking, while science-fiction is more speculation and Science oriented, and forwards-looking »

« J’ai toujours trouvé un peu étrange que la fantasy et la science-fiction soient regroupées au même endroit en librairie, frustrant même, ne me considérant pas comme une grande fan de fantasy. Les deux genres ont un léger clivage idéologique, la fantasy étant par essence plus orientée histoire et regard vers le passé, tandis que la science fiction se base sur la spéculation, la science et l’anticipation« 

Malgré la simplicité critiquable du raisonnement fantasy = passé contre science-fiction = futur, son impression soulève une question importante: la fantasy serait-elle, dès lors, plus à même de véhiculer des idéologies réactionnaires, là où la science-fiction serait naturellement plus progressiste ?

Cet article est l’introduction de plusieurs autres à venir, cherchant à explorer cette question et apporter des pistes de réflexion concernant la fantasy dans son ensemble, les thèmes qu’elle manipule, parfois inconsciemment, et ce que son expansion manifeste de nos jours peut dire sur la société dans laquelle nous vivons. Il ne s’agit bien évidemment pas de surinterpréter, mais simplement de poser les bases de mon argumentaire sur le sujet.

Qu’est-ce que la fantasy ?

Le Seigneur des Anneaux a réussi l'exploit de rendre "légitime" et "respectable" la fantasy, et ce à deux reprises.

Le Seigneur des Anneaux, illustration de John Howe

Établir une définition de la fantasy revient tout simplement à faire un choix: faut-il lui accorder un sens très large, ou bien en limiter la portée au risque d’exclure de nombreuses œuvres qui sont traditionnellement rattachées au genre ? La première option est la plus pertinente ici, bien qu’elle entraine nécessaire la création de nombreux sous-genres et catégories pas forcément utiles, qui ont tendance à brouiller notre vision d’ensemble.

Je retiendrai donc la définition d’André François-Ruaud, qui selon moi est la plus inclusive et large.

« (La fantasy est) une littérature qui se trouve dotée d’une dimension mythique et qui incorpore dans son récit un élément d’irrationnel au traitement non purement horrifique, notamment incarné par l’utilisation de la magie « 

(A noter bien entendu que la fantasy n’est pas qu’un genre littéraire, et touche désormais toutes les franges de la pop-culture.)

Ce qui différencie donc la fantasy de la S-F se situe simplement dans les fondements des univers qu’elles décrivent. Chacune présente des aspects fictionnels, surréalistes et/ou surnaturels, dont la justification va classer l’œuvre dans l’un ou l’autre genre: là où la fantasy les justifiera par l’existence plus ou moins mythique d’une forme de magie, la science-fiction utilisera l’argument de l’avancement scientifique, de découvertes de nouveaux matériaux… la rationalité contre l’acceptation pure et simple de l’irrationnel.

Toutefois, cette définition reste dramatiquement large, et pourrait donc inclure des œuvres conçues dès l’Antiquité. Considérer comme de la fantasy les récits anciens est pourtant un anachronisme regrettable. Il serait tentant de voir la fantasy comme un genre éternel, puisant ses racines dans la mythologie grecque, les légendes médiévales, les sagas islandaises ou les contes. Si ce constat est pertinent sur le plan des influences, il faut toutefois remettre les choses en perspective, car un courant artistique ne peut en aucun cas s’analyser sans son contexte. La fantasy ne fait pas exception, et reste sous bien des aspects rattachée à notre époque contemporaine, ainsi qu’au monde occidental.

L’apparition de la fantasy s’articule autour de trois phénomènes culturels fondateurs, qui s’étendent du XIXe siècle à nos jours, qui ont posé les bases de toute la production actuelle.

La « résurrection » du Moyen Âge au XIXe siècle

God Speed !, par Edmund Blair Leighton, 1900

Le XIXe siècle est une période à laquelle le Moyen Âge, comme l’Antiquité avant lui, revient à la mode. Ce retour s’explique par de nombreux facteurs culturels, politiques, intellectuels. Aux États-Unis, les architectes s’inspirent de l’architecture gothique pour créer une identité aux bâtiments prestigieux, tout en revendiquant leurs racines européennes. En Angleterre, les artistes préraphaélites se passionnent pour cette période et les thèmes qu’elle évoque. En France, des personnalités comme Eugène Viollet-le-Duc vont chercher à redonner leur éclat aux édifices médiévaux, parfois en imaginant lui-même les éléments manquants.

Plus qu’un intérêt pour le Moyen Âge, il s’agit donc d’un attrait pour son image, les fantasmes que véhicule cette époque qualifiée de « sombre » par les Lumières. Une volonté de plonger dans d’apparentes ténèbres en opposition à l’éblouissante antiquité, depuis longtemps validée par l’académisme. On y idéalise l’Amour Courtois, la chevalerie, et tout ce qui évoque ces temps perdus d’honneur et de vertu… mais aussi de danger et de mystère.

*Viollet-le-Duc, figure historique majeure du patrimoine culturel français, est aussi de nos jours critiqué pour avoir volontairement reconstitué certains édifices médiévaux à partir de ses seules spéculations. Ici, l'exemple des gargouilles de Notre Dame de Paris (inventées de toutes pièces au XIXe siècle, n'en déplaise à Disney !

Viollet-le-Duc, figure historique majeure du patrimoine culturel français, est aussi de nos jours critiqué pour avoir volontairement reconstitué certains édifices médiévaux à partir de ses seules spéculations. Ici, l’exemple des chimères de Notre Dame de Paris (inventées de toutes pièces au XIXe siècle, n’en déplaise à Disney !)

Tous les sous-genres de la fantasy touchent de près ou de loin à la rémanence de ce fantasme XIXe d’un Moyen Âge imaginaire dont nous sommes les héritiers. Et cela vaut pour toute fantasy, même celle qui n’a pas de cadre strictement médiéval: après tout, Star Wars a aussi ses chevaliers…

Occultisme et Romantisme noir

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The Great Red Dragon and the Beast from the Sea, par William Blake, 1805-1810

Le XIXe siècle marque aussi l’apparition d’un goût particulier pour le surnaturel qui va participer à la création d’œuvres souvent considérées comme fondatrices de la fantasy. On peut citer par exemple le légendaire Frankenstein de Mary Shelley paru en 1818, ou bien le non moins fameux Dracula de Bram Stoker, paru en 1897 (si ces deux romans appartiennent au fantastique et non pas à la fantasy à proprement parler, leur influence colossale sur cette dernière ne peut en aucun cas être ignorée).

A cette période, la bourgeoisie occidentale se passionne pour les pratiques « magiques », quelle que soit leur origine, le tout exacerbé par les expéditions coloniales qui rapportent des objets pillés auxquels les européens ne comprennent la plupart du temps pas grand chose. Il est par ailleurs intéressant d’analyser cette ferveur profane parallèlement au recul progressif de l’influence de la religion chrétienne en Europe, qui perd peu à peu de son pouvoir temporel dans ses fiefs historiques. Il y a donc un semblant de besoin spirituel à assouvir, parfois mêlé d’exotisme malsain, dans ces pratiques de la fin du du XIXe siècle et du début XXe.

Les fées de Cottingley, hoax du début du XXe, popularisé par Conan Doyle qui croyait vraiment avoir affaire à un "phénomène psychique"

Les fées de Cottingley, hoax du début du XXe, popularisé par Conan Doyle qui croyait tenir la preuve de l’existence du surnaturel

Caspar David Friedrich, 1807: Das Kreuz im Gebirge

Das Kreuz im Gebirge, par Caspar David Friedrich, 1807

Le Romantisme noir, sans être un courant artistique à proprement parler (c’est une notion postérieure, qui rassemble des artistes romantiques, symbolistes…), regroupe toutes les œuvres de l’époque inspirées par ce goût du surnaturel, du sinistre, de ce que l’on appelle un peu abusivement le « gothique ». Son emprise dans tous les domaines de l’art est manifeste, au travers de l’œuvre d’artistes tels que William Blake, Johann Heinrich Füssli, et même chez des artistes très populaires de l’époque tel qu’Eugène Delacroix.

Pandemonium, de John Martin, 1841

Occident cherche identité désespérément

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Le rêve d’Ossian, par Ingres, 1813 Ossian est un barde légendaire, dont les prétendus poèmes auraient été traduits par l’écrivain James Macpherson entre 1760 et 1763. Malgré la supercherie, ils furent massivement diffusés et ont contribué à la naissance du celtisme encore très vivace de nos jours

Jusqu’ici, nous avons surtout abordé les influences culturelles et artistiques sur lesquelles se base la fantasy, et plus globalement une bonne partie de l’imaginaire occidental moderne. Mais la culture ne vit pas en vase clos, et le contexte politique et social de la création d’une œuvre est tout aussi important pour interpréter un courant. On risque donc d’occulter d’autres mécaniques tout aussi importantes, mais trop souvent oubliées, et auxquelles la fantasy n’est hélas pas imperméable. Il s’agit des dimensions identitaires et souvent réactionnaires développées par certaines forces politiques totalitaires tout au long du XIXe, XXe et XXIe siècle.

Car si les nations occidentales se réfugient au cours du XIXe siècle dans un Moyen Âge fantasmé, dans des légendes, dans le folklore, c’est que quelque chose a changé dans les mentalités. L’Antiquité seule ne suffit plus à servir de socle culturel commun, et on constate que la fascination médiévale se fait parallèlement à l’orientalisme, ainsi qu’à l’expansion de la politique coloniale. Au contact des peuples colonisés, que les colons voient tantôt comme de « bons sauvages », tantôt comme des barbares, l’occident va entamer un processus de repli, chercher désespérément dans sa culture une origine, des mythes fondateurs. Mais ces mythes ont la plupart du temps été perdus, entre tradition orale et assimilation chrétienne, adoption de traditions gréco-latines ou tout simplement abandon volontaire d’usages considérés comme obsolètes et obscurantistes. Alors, on pallie ce manque en façonnant, à partir d’indices réels et de préjugés fantaisistes, un passé glorieux aux nations occidentales, et tant pis si ce passé ne se base sur quasiment aucune réalité archéologique ou historique. Ce n’est donc pas un hasard si la plupart des mythes concernant la Gaule naissent à cette période, Vercingétorix devenant le héros d’une résistance face à l’envahisseur étranger.

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Jeanne d’Arc, Charles Martel, Vercingétorix, William Wallace, Arminius, Boadicée… repousser un envahisseur forcément inhumain est une thématique centrale de la fondation de mythologies identitaires occidentales. Mais c’est aussi une thématique centrale de la fantasy…

Ce phénomène de réinvention des mythes, d’instrumentalisation du folklore, est un outil de propagande identitaire extrêmement caractéristique de l’émergence des États-nations, et trouvera son apogée au cours du IIIe Reich, qui cherche un fondement mythique à sa doctrine infâme de hiérarchisation des races, en parallèle de ses recherches scientifiques. L’exemple le plus flagrant de ce phénomène reste la Tétralogie de Richard Wagner, réutilisée par les nazis comme manifeste culturel en raison de ses thématiques nationalistes (une Germania mythique et l’idée d’un peuple allemand libre et uni), ainsi que certaines interprétations qui peuvent être faites de l’œuvre (son antisémitisme étant souvent dénoncé dans les analyses la concernant).

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Le film Excalibur de John Boorman de 1981, utilise dans sa bande originale à la fois l’œuvre de Richard Wagner, et la très célèbre Carmina Burana de Carl Orff, elle aussi abondamment été récupérée par le IIIe Reich

Cependant, il convient de rappeler que c’est l’idée selon laquelle la culture occidentale ou d’un État occidental en particulier serait attaquée par de viles influences extérieures qui serait fondatrice de ces thématiques réactionnaires, et que cette analyse ne s’applique donc pas dans tous les cas. Lorsque les Irlandais se battent contre l’Empire britannique au début du XXe siècle afin de rompre l’occupation dont ils sont victimes, ils font aussi appel au folklore local, à leur culture, à leur identité et histoire commune afin de cimenter leur union. Mais aussi légitime soit-elle, l’utilisation de ces thématiques fait toujours écho à des idéologies récupérables par le nationalisme, et il ne faut donc jamais oublier le contexte, et surtout observer au cas par cas les rapports de force en place.

Quelles conséquences sur la fantasy dans ce cas ? Elles sont plus ou moins remarquables, la principale étant un eurocentrisme aberrant de la quasi-totalité des univers, souvent justifié par l’inspiration médiévale du genre. Le monde représenté est systématiquement occidental, tandis que l’ « ailleurs » est exotique, mystérieux, dangereux. Il suffit de prendre les mondes du Seigneur des Anneaux et du Trône de fer, les deux produits de fantasy les plus populaires au monde, pour se rendre compte du problème…

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Les Haradrim, seul peuple non blanc de l’univers du Seigneur des Anneaux. On ne sait rien d’eux, si ce n’est qu’ils sont soumis à Sauron, et n’ont de toute manière aucune ligne de texte. Ce sont des envahisseurs sans voix, et la plupart du temps au visage masqué, ce qui retire toute possibilité de les humaniser: ils sont présentés comme une menace, que les héros ont raison de supprimer

Avec de telles influences, une histoire aussi culturellement chargée, y a-t-il quelque chose de fondamentalement pourri au royaume de la fantasy ? Aimer ce genre fait-il de vous un.e infâme fasciste ? Il est bien évident que non. Car la fantasy est avant tout une synthèse de tout cela, et il est de la responsabilité de l’auteur.e que d’identifier et de piocher parmi ces influences afin de refuser les plus néfastes.

Et c’est sur ce point que l’analyse de Nostalgia Chick ne me convient pas. Car si la fantasy est majoritairement orientée vers le passé et la science fiction vers l’avenir, les deux sont à égale distance de l’instant présent. Ce sont des miroirs déformants reflétant la même réalité: la nôtre et en particulier celle de l’auteur.e. La réalité de notre société, de nos vies, de nos espoirs et de nos peurs. La fiction permet ainsi de prendre de la distance, du recul par rapport aux thématiques qu’elle se permet d’aborder. Et ce sont tous ces points communs qui rassemble les deux genres en librairie.


Bonus  : la fantasy non-occidentale existe-t-elle ?

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Le Manga Berserk de Kentaro Miura est probablement le meilleur exemple d’assimilation de la culture occidentale au travers d’une œuvre de fantasy, au point de ne présenter quasiment aucun élément de culture japonaise dans son univers

Pourquoi parler uniquement de l’Occident dans le cas de la fantasy ? La définition donnée en début d’article pourrait effectivement s’appliquer à des œuvres produites ailleurs. Cependant, étant donné que les points d’influences exposés ici ne s’appliquent qu’à la culture occidentale, et sont selon moi complètement indissociables de la fantasy, impossible d’intégrer d’office les œuvres non-occidentales au genre. C’est aussi une marque de respect pour les auteurs, qui ne souhaitent pas forcément être pris en compte dans un genre rattaché à une culture dans laquelle il ne se reconnaissent pas. Le jeu vidéo Okami, par exemple, a beau correspondre à la définition donnée en début d’article, toute sa mythologie est ancrée dans le folklore japonais, qui n’est en rien semblable à celui de la vieille Europe.

Cela ne veut pas pour autant dire que seuls les occidentaux peuvent produire de la fantasy. La culture occidentale ayant été propagée à travers le monde par des moyens divers (échanges culturels) et des rapports de domination nombreux (pouvoir économique, colonisation, conquête…), il est tout à fait possible à des cultures extra-occidentales de produire de la fantasy. L’Asie en est un excellent exemple, puisque nombre de mangas tels que Berserk de Kentaro Miura, Les Chroniques de la Guerre de Lodoss de Ryo Mizuno, ou de jeux vidéos comme le MMORPG coréen Lineage, les légendaire séries de jeux japonais Final Fantasy et Zelda, sont indubitablement influencés par la culture occidentale et en particulier la fantasy.

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Isabellae, par Raule et Gabor, est une bande dessinée occidentale se déroulant dans un Japon médiéval-fantastique très fantasmé. L’héroïne est la fille d’un samouraï et d’une sorcière irlandaise. Ne riez pas.

J’ai aussi volontairement occulté de mon analyse certains univers de fantasy créés par des auteurs occidentaux, qui prennent le parti de ne pas se baser sur le folklore et la culture occidentale. En effet, ces univers particuliers ont en général un sérieux problème d’exotisation des cultures étrangères qui selon moi nécessiterait une analyse approfondie. Mais le souci reste globalement le même que pour les univers médiévaux-fantastiques classiques: un cliché reste un cliché, qu’il soit négatif ou mélioratif, et véhicule un fantasme.

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