5 bonnes raisons de regarder Attack on Titan

La première partie de cet article est garantie sans spoilers.

Quand j’essaye de me souvenir des animes qui selon moi sont absolument indispensables, plusieurs titres bien différents me viennent en tête et pour des raisons tout aussi différentes. Il y a les classiques, les ovnis, les tueries graphiques, mes coups de cœur personnels difficiles à expliquer. Et puis il y a ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont réussi un exploit: celui de marquer l’industrie à un tel point qu’après leur visionnage, on sait que rien ne sera comme avant.
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Attack on Titan (ou Shingeki no Kyojin en version originale) est un phénomène. Un phénomène papier, tout d’abord, puisque le manga d’Hajime Isayama dont l’anime est adapté commence sa publication en 2009, dans le Bessatsu Shônen Magazine de la Kōdansha. Le succès du manga est tel qu’il bénéficiera rapidement d’une adaptation animée. En avril 2013, l’anime, produit par Production I.G. (Ghost in the Shell, Jin Roh…) et réalisé par le tout jeune studio Wit, est diffusé. Et c’est à ce moment que tout bascule.

Comment expliquer un tel succès, que ce soit au Japon ou à l’étranger ? Comment cette série de 25 épisodes, produites par un studio sans histoire, a-t-elle pu s’imposer comme une implacable référence de l’animation japonaise, en plus d’être l’anime le plus discuté de 2013 ? Et surtout, toute cette hype est-elle méritée ?

Plongeons dans les entrailles du titan pour répondre à toutes ces épineuses questions.

 

En résumé: jusqu’ici, tout va bien

Il y a plus d’un siècle, l’Humanité a failli disparaître. Les titans, créatures humanoïdes grotesques sont apparues sur Terre, et ont commencé à dévorer les humains. En masse. Pour survivre, les rescapés ont bâti d’immenses murs concentriques, afin d’empêcher le passage des titans et de pouvoir vivre dans un environnement relativement sécurisé. Lorsque le récit commence, cela fait plus de cent ans qu’aucun titan n’a été aperçu aux abords du mur Maria, premier mur à séparer l’Humanité de son ultime ennemi.
Cette ère de tranquillité s’achève lorsque le Titan colossal, un mystérieux monstre de cinquante mètres de haut parvient à faire une brèche, laissant déferler une horde de titans sur les humains médusés.

L’armée, pourtant clairement dépassée par les évènements, tente de trouver un moyen de supprimer la menace que représentent les titans une bonne fois pour toutes. Ils utilisent pour ce faire un équipement spécial, nommé « équipement de manœuvre tridimensionnelle« , permettant aux soldats de se mouvoir rapidement et de se hisser à hauteur de leurs adversaires, dans l’espoir de compenser par l’agilité la différence évidente de taille et de puissance.
L’histoire suit alors le destin d’adolescents engagés dans l’armée, aux motivations diverses, et décidés à survivre dans cet univers sans pitié.

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Ce synopsis est bien entendu très lacunaire, afin de conserver la surprise d’un premier visionnage. Mais il est suffisant pour pouvoir mettre en évidence un fait: Attack on Titan réussit un tour de force, en combinant de nombreux éléments présents dans les œuvres de fiction anxiogènes de ces cinquante dernières années, elles-même représentant les inquiétudes de nos sociétés modernes. Car le succès d’Attack on Titan s’explique premièrement par l’universalité des peurs avec lesquelles il joue allègrement, doublée d’une réalisation remarquable.

Un anime créé dans la sueur et le sang

Attack on Titan a surpris tout le monde, y compris ses créateurs/trices qui ne s’attendaient pas à un tel succès, surtout à l’international. Cet aspect hybride de l’anime se voit tout au long de la série: il s’agit certes d’une grosse production, mais par certains aspects tout à fait bancale. Certains épisodes sont sortis in extremis, et le studio Wit a du embaucher en cours de diffusion afin de pallier le manque de personnel.
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1) Attack on Titan est un anime de toute beauté… mais pas toujours.

Le soin apporté aux décors, à l’éclairage et aux effets de lumière est particulièrement remarquable, en particulier la végétation ainsi que le ciel, qui sont de véritables tableaux. Le visionnage en haute définition rend particulièrement justice au travail des équipes sur cet aspect précis. Toutefois, ces décors s’avèrent plutôt inégaux lorsque l’on s’aventure en milieu urbain, avec des bâtiments qui se ressemblent et des rues plutôt vides.
De la même manière, si les personnages bénéficient d’un design soigné et reconnaissable, ils sont plutôt simples et classiques. Rien de transcendant, donc.
Concernant la qualité d’animation, c’est là que se situe le plus gros problème. On oscille entre une qualité de pointe dans la plupart des scènes d’action (en particulier celles mettant en scène l’emblématique équipement de manœuvre tridimensionnelle), et quelque chose de beaucoup moins glorieux lors des longues phases de développement et de discussion.
En bref, la grande majorité du temps, Attack on Titan est un tableau animé très joli à regarder mais un peu statique, entrecoupé de scènes d’action à tomber par terre (ou plutôt à s’envoler dans les airs, c’est selon).

ImageMikasa #YOLO

2) La Bande Son d’Attack on Titan est un sans-faute. Qu’il s’agisse des doubleurs-ses japonaisES visiblement très inspiréEs, ou de l’OST composée par le très en vogue Hiroyuki Sawano, il est difficile d’émettre une quelconque critique qui ne soit pas de l’ordre du subjectif sur cet aspect précis de la série.
L’OST d’Attack on Titan se caractérise en effet par l’utilisation conjointe d’instruments classiques (ou du moins synthétisés), et de sonorités électriques et électroniques. Le tout enrobé par des chœurs absolument épiques et dominés par la voix puissante de Mika Kobayashi, comme ci-dessous.

Le résultat ? Un magma épais de sons brutaux, parfois effrayants, toujours massifs, à l’image des titans monstrueux qui menacent l’humanité, pendant que les chœurs rappellent ce combat perdu d’avance d’une humanité acculée face à beaucoup, beaucoup plus fort qu’elle.

Ajoutez à cela l’utilisation régulière de leitmotives récurrents tout au long de la série, de pistes beaucoup plus contemplatives et mélancoliques, ainsi que d’un certain nombre d’insert songs qui déboitent, et vous obtenez un maître étalon de ce qui devrait se faire en matière de soundtrack. Toutefois, on peut reconnaître parfois un manque de maîtrise dans l’utilisation de cette même bande-son dans la mise en scène des épisodes, mais ce serait vraiment pour chipoter.

3) Tout va pour le mieux dans le plus cloisonné des mondes

Outre l’aspect technique, ce sont les thèmes abordés par Attack on Titan qui permettent à un grand nombre de spectateurs/trices d’y retrouver leurs propres angoisses, à commencer par l’obsession de la sécurité, et du cloisonnement.
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C’est un monde terriblement fermé sur lui-même, où l’Humanité vit derrière d’immenses murs, et où toute velléité d’y échapper est vue d’un mauvais œil: sortir de l’enceinte, c’est prendre le risque d’attirer l’attention des titans. Ce mêmes murs qui font l’objet d’un culte, où le clergé encourage à la vénération de ces édifices comme autant de dons divins. Rester dans le rang est une bonne chose. Toute tentative d’émancipation est soumise à la culpabilisation: sortir du rang, c’est mettre en danger la vie de tous. Et sont automatiquement brimés les hérétiques ayant pour ambition d’explorer le vaste monde.

En bref, la sécurité importe bien plus que la liberté, dans la société dépeinte par Attack on Titan. Et c’est à cette liberté dont ils sont privés que les protagonistes vont s’accrocher, afin de se libérer de ce carcan étouffant.

Cet angle d’analyse est particulièrement riche, car la symbolique du mur est extrêmement ancrée dans les esprits: il suffit de voir l’impact qu’ont pu avoir les célèbres murs d’autres oeuvres issues de la pop-culture, comme le rempart du gouffre de Helm dans Les Deux Tours du Seigneur des Anneaux de J.R.R Tolkien, ou encore plus récemment le Mur de la Garde de Nuit dans Le Trône de Fer de George R. R. Martin. Le mur est par nature ambivalent, puisqu’il incarne à la fois une défense, et une séparation volontaire. Bâtir un mur, c’est se protéger tout autant que s’enfermer. Et c’est sur cette notion qu’ Attack on Titan développe son univers: les murs empêchent les titans d’entrer, mais ils empêchent surtout les humains de sortir…

 4) Quand Godzilla rencontre the Walking Dead

Image« Ce jour là, l’Humanité s’en est souvenue
La terreur d’être dominée par eux
L’humiliation d’être enfermée
Dans une cage… »

Attack on Titan est aussi un magnifique catalogue de terreurs modernes au travers de la figure des titans eux-mêmes. En créant cet univers fermé, où l’être humain n’est plus le « prédateur ultime » qu’il prétend trop souvent être, l’anime réunit la puissance de l’imaginaire développé par deux grandes figures de la pop-culture: celles du Kaiju et du Zombie.
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Le Kaiju, figure du monstre géant japonais popularisée par Godzilla (à droite, le tout premier film de 1954 réalisé par Ishiro Honda), est une force implacable, contre laquelle l’Humanité ne peut absolument rien. Si celle-ci n’est pas foncièrement mauvaise, elle représente la nature dans son aspect impitoyable et destructeur. De la même manière, les titans viennent ici détruire, jusqu’à dévorer tout ce qui représente cette même Humanité. Un humain normal, même équipé des armes les plus perfectionnées n’est en aucun cas une menace significative pour ces monstres, et la moindre erreur face à eux conduit à une mort certaine.

Le Zombie, quant à lui, est un monstre terriblement proche de nous, qui pourtant n’a plus rien d’humain. Il reproduit par ailleurs un des grands tabous de nos sociétés: le cannibalisme. Les titans nous ressemblent, et agissent de manière erratique. De la même manière, ils ne parlent pas, et ne semblent pas suivre de logique particulière. L’auteur du manga avoue lui-même avoir trouvé l’idée des titans en observant un homme ivre dans un cybercafé, son comportement imprévisible et sa manière de s’exprimer le rendant effrayant.

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En reprenant ainsi ces figures monstrueuses profondément ancrées dans l’imaginaire collectif, les titans deviennent les véritables centres d’intérêt de la série. De par leur puissance implacable et la terreur qu’ils inspirent, il est impossible de faire abstraction de leur présence, là où d’autres séries seront tentées de ne pas faire intervenir les antagonistes de manière trop appuyée. Attack on Titan, par ce choix de design, apporte à la fois un monstre que tout le monde peut juger effrayant, tout en n’oubliant pas de rappeler en permanence à quel point il est dangereux, à quel point cette peur est justifiée. Par ailleurs, on peut rattacher l’image de ces géants mangeurs d’hommes à l’image très traditionnelle de l’Ogre, présente dans une grande variété de folklores à travers le monde. L’Ogre est un géant qui nous ressemble, à ceci près qu’il nous dévore… en cela, n’est-il pas une figure surhumaine ? Profondément supérieure à nous, au point de le rendre « naturellement » terrifiant ?

Image5) Tous des proies, et tous égaux ?

Nous arrivons face à un point important de l’anime, puisqu’il est particulièrement intéressant sur le plan des représentations. En effet, là où la production habituelle est souvent pointée du doigt (à tort ou à raison) pour son sexisme manifeste, force est de constater qu’Attack on Titan est une série pour laquelle les personnages féminins ont eu droit à une attention particulièrement soignée. Comme vous pourrez le voir dans la section suivante, l’anime n’est pas exempt d’aspects problématiques au niveau de ces représentations, mais reste extrêmement recommandable. Les personnages féminins sont nombreux et variés, et occupent des rôles importants dans le déroulement du scénario sans pour autant être au service des représentations masculines.

ImageEt uniforme unisexe, s’il vous plaît !

Concernant la représentation de relations homosexuelles, celles-ci sont malheureusement absentes. En revanche, l’anime ne s’appesantit pas non plus sur d’éventuelles relations hétérosexuelles, et malgré le fait que ces dernières semblent être la norme, certaines relations entre personnages de même sexe peuvent être interprétées comme des romances potentielles, sans que cela soit jugé négatif par d’autres personnages.
Concernant les représentations raciales, celles-ci sont toujours difficiles à juger au travers d’un matériau non occidental. Toutefois, Attack on Titan se déroule dans un univers  où tous les personnages principaux sont occidentaux, à l’exception du personnage féminin principal qui est explicitement décrit comme asiatique. On peut donc regretter ce manque manifeste de diversité dans le casting de la série.

Le parti pris est donc de présenter des êtres humains en situation de solidarité face à un univers absolument impitoyable. Un groupe d’adolescents qui se serrent les coudes face à l’adversité, et une société humaine parfois moins encline à la coopération qu’il ne le faudrait pour assurer sa survie (là encore, on a affaire à un thème récurrent des univers zombiesques). Cet aspect éminemment positif s’ajoute à une quasi absence de glorification de certaines valeurs viriles traditionnellement rattachées à la figure du guerrier, puisque le talent au combat des soldats d’Attack on Titan réside essentiellement dans leur capacité à utiliser intelligemment le capricieux et virevoltant équipement de manœuvre tridimensionnelle. De cette manière, beaucoup de personnages féminins de la série (à commencer par Mikasa, mais aussi Annie, Ymir ou encore Hansi), sont très clairement désignées comme des combattantes hors pair, tandis que les personnages masculins ne correspondent pas nécessairement à un idéal de virilité (Armin, Connie, et même Eren dans une certaine mesure), et tous bénéficient de tailles et de musculatures plutôt variées. On regrettera néanmoins l’hégémonie de la minceur dans le casting principal.

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Dans tous les cas, les femmes ne sont jamais réduites à un rôle de demoiselle en détresse, et c’est un grand atout pour un anime aussi violent physiquement et mentalement pour ses personnages qu’Attack on Titan, qui aurait pu sombrer dans les abysses de la complaisance en plaçant ses héroïnes en apparence indépendantes dans des situations absolument malsaines. Il n’en est (fort heureusement) rien, et pour autant, tous les personnages sont égaux face à l’horreur qui s’abat sur eux.

Toutefois, la série n’échappe pas à un piège récurrent des représentations féminines, et c’est pour cela que je vais simplement développer le cas le plus flagrant: celui de Mikasa Ackerman.

ATTENTION: La section suivante contiendra quelques légers spoilers, qui ne devraient pas gêner la découverte de la série, et n’ont pour objectif que d’appuyer la démonstration. N’hésitez pas à passer cette section si vous souhaitez garder un regard complètement neutre avant tout visionnage.

Le cas Mikasa

Mikasa Ackerman est un des trois personnages centraux de la série, aux côtés d’Eren Jäger et d’Armin Arlelt. Elle est aussi le seul personnage féminin de ce trio, ainsi que le seul personnage racisé de tout le casting, puisque sa mère est très clairement qualifiée d’asiatique, et cet état de fait est présenté comme sortant de l’ordinaire par les autres personnages.

Mikasa est à première vue l’archétype du personnage féminin « fort ». Elle est la meilleure de sa promotion dans toutes les matières, et domine complètement le casting originel de la série dès qu’il s’agit de se battre. Cependant, elle est aussi très taciturne, et ne manifeste pas tellement ses émotions.

Ces traits de caractère, on les retrouve dans un autre personnage féminin « fort », en l’occurrence Annie Leonhardt. Toutefois Mikasa bénéficie d’un trope supplémentaire qui la rend plutôt problématique: son obsession vis à vis d’Eren. Cette obsession se manifeste à plusieurs reprises au cours de la série, et malgré le fait qu’elle soit le résultat d’un choix personnel (à chaque fois que qui que ce soit, même Eren, tente de l’en dissuader, elle continue malgré tout), elle cristallise la totalité des motivations du personnage autour de lui. En vérité, Mikasa n’a d’autre souhait, d’autre but, que de survivre et de protéger Eren, ce qui la rend virtuellement entièrement dévouée à un personnage masculin, tout en la vidant en partie de sa substance. En résumé, le personnage féminin principal de la série est aussi le moins humain, et l’un de ceux pour lequel il est difficile de trouver de l’empathie. Et véhicule ainsi l’idée plutôt néfaste que la femme doit s’affranchir de sa condition féminine pour pouvoir devenir plus forte, tout en gardant cet instinct de protection quasi-maternel qu’elle éprouve vis à vis d’Eren.

Toutefois, c’est le seul exemple flagrant de ce contre emploi de la figure de femme émancipée, et l’anime développe en parallèle d’autres figures de femmes variées et intéressantes. Il est simplement regrettable qu’il s’agisse là du personnage féminin principal.

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« Vous comprenez sûrement que, parfois, une seule mort peut sauver de nombreuses vies. »

Verdict

Attack on Titan est une série indispensable pour quiconque souhaiterait comprendre l’animation japonaise en tant qu’industrie, et en tant que média. Ce n’est pas une série parfaite, et de nombreux reproches peuvent lui être faits, autant sur la forme que le fond. L’animation est parfois inégale, autant que la réalisation, et le scénario connait quelques lenteurs en particulier dans l’arc central. De la même manière, il a beau être au dessus de la moyenne en terme de représentations, il n’est pas pour autant un anime que l’on pourrait qualifier de féministe ou progressiste, la faute à des choix de développement des personnages ou de construction d’univers restant problématiques.

Mais Attack on Titan est un anime aussi brutal que généreux, qui réussit à toucher de par l’universalité des thèmes qu’il aborde, la variété de ses personnages principaux, qu’il n’hésite pas à sacrifier régulièrement pour ébrécher la sacro-sainte plot-armor tellement en vogue au sein de la pop-culture, et savamment remise en question aujourd’hui au travers de nombreuses œuvres, comme, au hasard, la série Game of Thrones de HBO, qui a subi un destin comparable à celui d’Attack on Titan, toute proportions gardées. La série a construit sa propre mythologie sur la base d’angoisses profondément enfouies dans notre inconscient collectif, et réussit à conserver une ambiance horrifique tout en y mêlant une louche d’epicness, une pincée d’humour et une bonne dose de désespoir. En cela, il est le représentant parfait de cette nouvelle génération de mangas et d’animes, à la frontière entre le Shônen (destiné à un public de jeunes garçons et adolescents), et le Seinen (destiné à un public adulte).

En bref, j’invite vraiment toute personne, même n’étant pas amatrice d’animes à la base, à jeter un coup d’œil à Attack on Titan. Ne serait-ce qu’aux deux premiers épisodes, qui servent de mise en place.

NB: Soyez prudents lors de vos recherches à propos d’Attack on Titan, car les spoilers sont légion sur internet, en particulier dans les commentaires YouTube.

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3 réflexions sur “5 bonnes raisons de regarder Attack on Titan

  1. Ce que je reprocherais principalement à cette série, c’est de laisser beaucoup trop de place à la tergiversation : c’est généralement la moitié de chaque épisode qui est consacrée aux tourments intérieurs (souvent trop grandiloquents pour échapper au ridicule) de l’un des personnages et/ou à une enfilade de flashbacks de l’épisode précédent. Et j’exagère à peine… Au-delà de ça, j’ai surtout vu les 10/15 premiers épisodes de la série, donc j’ai pour l’instant forcément tendance à trouver son univers relativement peu étoffé, même si ça semble s’améliorer par la suite ! ^^

    D’une manière générale, si les personnages ne sont pas inintéressants, et que la parité du casting est très appréciable, ce qui vaut vraiment le coup d’œil, ce sont bien sûr les titans eux-mêmes, hélas un peu trop éclipsés au profit des humains ; dans certains épisodes, leurs apparitions se comptent sur les doigts de la main… Et c’est d’autant plus dommage qu’ils sont vraiment très réussis d’un point de vue dramatique comme symbolique, la gratuité apparente de leurs actions, le grotesque de leurs corps et de leurs faciès et bien sûr, leur anthropophagie, sont proprement terrifiants ! Comme tu l’as dit, il y a là un matériaux d’une grande richesse métaphorique. La métaphore qui me saute d’ailleurs aux yeux, alors qu’elle est pourtant rarement évoquée, me semble-t-il, c’est celle de l’antispécisme et/ou du véganisme : tous comme les humains, les titans ne semblent se nourrir de chair que par plaisir, puisqu’ils tirent en réalité leur énergie du soleil. Enfin, j’ai l’impression que ça a aussi pas mal échappé aux créateurs de la série eux-mêmes, puisque dans l’un des premiers épisodes, l’un des personnages bave littéralement devant la pièce de viande qu’elle a subtilisé et fait le voeu que l’humanité puisse reconquérir les terres qu’elle a perdues afin de pouvoir faire paître davantage de bétail.

    Sur le plan symbolique, toujours, il y a une référence qui m’apparait également comme évidente, bien que j’ignore à quel point elle a pu réellement influencer le travail du dessinateur et des animateurs (et qu’elle semble, à priori, un peu tirée par les cheveux), c’est celle de la (re)découverte de l’anatomie humaine en Europe pendant la Renaissance : les visages des titans, tout comme leur nudité, m’évoquent irrésistiblement les modèles anatomiques de Léonard de Vinci ou de Ambroise Paré. C’est particulièrement flagrant dans le cas du Titan « géant », qui ressemblent à s’y méprendre à un gigantesque écorché. Ça l’est aussi lorsque Eren se retrouve coincé dans l’estomac d’un titan ou lorsqu’il se transforme partiellement en une sorte de demi-titan grotesque, à la chair et aux os apparents, pour protéger ses amis d’un tir de canon. C’est que le métabolisme des titans demeurent un mystère totale pour les scientifiques humains, dont le père d’Eren est une figure emblématique. On sent chez lui, comme chez d’autres, une volonté de découvrir, d’inventorier et enfin de dépasser cette barrière de chair, pour la simple sauvegarde de l’humanité. Le savoir, c’est le pouvoir.

    C’est vraiment dommage par contre qu’ils aient changés les génériques en cours de route, j’aimais beaucoup celui du début, très épique, et celui de la fin était, quant à lui, très poétique. Je n’aime pas vraiment les nouveaux, jusqu’à présent. 😦

  2. J’avoue que c’est une super série que j’ai vu plein de fois +.- Mais, vous ne trouvez pas que cette Misaka gache parfois (tout le temps….) les moments épique d’Eren, vous ne trouve pas qu’elle gache légérement (beaucoup) l’ambiance ? Après c’est que mon avie, et sinon vous auriez du parler de Levi un peu ^ XD Bon Bye et je recomande ce manga a tout le monde ~

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